CHAHAB « Quand l’orient chante l’Afrique » du 16 février au 18 mars 2017

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CATALOGUE

 

Poussières, terres, pigments d’Orient et d’Afrique s’entremêlent au gré des vents migratoires et aléatoires sur la toile de l’artiste Chahab, venu d’Iran et résidant pour la première fois en terre d’Afrique. En effet, Chahab vient de terminer une résidence d’un mois et demi à la Galerie Arte de Saint-Louis et a créé les œuvres de l’exposition « Quand l’Orient chante l’Afrique ».

 Il réalise enfin un rêve, celui de la rencontre de ces continents à travers son œuvre. Inspiré par la vue qu’il a de son atelier éphémère donnant vue sur le fleuve Sénégal, il extériorise ses émotions, bercé par les quatrains d’Omar Khayyâm, et se rappelle son enfance. Cette exposition est un voyage au Sénégal vu à travers l’univers de Chahab où se conjuguent les réminiscences de sa culture persane avec sa découverte du continent africain.

 Il utilise quelquefois des pigments, des minéraux et de l’acrylique où le bleu prédomine, bleu comme le fleuve Sénégal, bleu comme les turquoises d’Iran. Il récupère aussi parfois des planches d’une épave de pirogue de Guet Ndar pour en faire une sculpture majestueuse.

Toutes ses œuvres ont leur particularité : elles se réunissent en chœur telle une ode de l’Orient pour l’Afrique.

 Joëlle le Bussy     Février 2017

Si vos pas vous ont récemment mené à Saint-Louis et plus particulièrement le long du quai Henri Jay, alors peut-être avez-vous croisé un homme discret, coiffé d’un bonnet, au regard intense et perçant. Un voyageur modeste ayant parcouru notre planète et lui-même issu de la rencontre de bien des mondes. Un artiste que la générosité, la curiosité et le désir de partage auront menés jusqu’à notre Venise africaine pour profiter en retour de l’hospitalité, de la poésie, et de la soif de culture qui la caractérisent.
Pour Chahab, le cours d’une vie n’est pas à enfermer dans une chronologie linéaire. Son propre détour africain est en réalité la réalisation d’un rêve et certainement la reconnaissance de quelque chose qui a toujours été là, en lui.
Sa palette en est la preuve. Dans ses pigment bleu intenses, ne reconnait-on pas le fleuve, la mer, le ciel de Saint-Louis ? Sa palette c’est aussi la poussière et le sable : en déclinant les jaunes opulents, les oranges, les pourpres et les marrons chauds, l’artiste célèbre la terre. Le paysage qui s’étend sous ses yeux, à la rencontre de la terre, du désert, du fleuve et de la mer, incarne parfaitement le contraste passionné rouge/bleu propre à son style. Son art est une louange à la vie.
Diverses mythologies dépeignent une relation passionnelle entre la terre et le ciel. Leur union ainsi que leurs guerres sont fertiles et fondatrices, donnant naissance à un panthéon de divinités, permettant à des civilisations entières d’émerger du néant.
Des tableaux de Chahab émergent également des formes magiques : poèmes caligraphiées, dessins chargés de sens. Leurs couleurs argentées reflètent la lumière, qui se reflète à son tour dans nos yeux.
Voyager dans l’univers de l’artiste, c’est découvrir et redécouvrir, au sein d’une même œuvre, les traces de son Orient natal, les couleurs de son parcours, et, pourquoi pas, la terre rouge et le sable jaune du Sénégal, sous le bleu luminescent de timis.

Salimata Diop