« What a wonderful world » de KON-T du 05/12/18 au 05/01/19

Affiche A2 KONT 255

CATALOGUE

A KISS TO BUILD A DREAM ON

Evidemment l’histoire est belle d’un petit garçon initié enfant au jazz par son père et qui, devenu grand, peint des musiciens de jazz !

Et elle est véridique.

Mais allons au-delà de l’apparente évidence pour regarder ce qui se cache –ou ceux qui se cachent- derrières ces figures connues, de musiciens et de chanteurs, dans des attitudes immortalisées par la photographie et l’hagiographie.

Beaucoup plus qu’on ne le croit, KON T nous offre une peinture qui lui ressemble à moins que ce ne soit l’inverse.

Comme lui, elle a l’air facile d’abord, vive, colorée, sans autre surprise que le plaisir des yeux et de l’échange et cette évidente maîtrise du trait et de la couleur, cette virtuosité dans la décomposition de l’image, masquent pour beaucoup ce qu’il y a au-delà des apparences, tout comme son image de grand jeune homme trop bien comme il faut est peut-être trop lisse pour être totalement convaincante.

Au-delà de la fièvre de la jeunesse, de la volonté de réussir une carrière déjà prometteuse, il y a derrière cette œuvre en cours de formation, une passion qui vibre comme un trémolo de saxo au bout de la nuit.

Car si ses premières œuvres, jouant avec les couleurs acides pour leur donner une forme nouvelle d’énergie, restaient clairement identifiable, son évolution le mène vers une fragmentation, de plus en plus subtile et avérée, de ses compositions et tendent de plus en plus vers l’abstraction.

Dans le même temps, au-delà des aplats de couleurs, elles se remplissent peu à peu de signes et de symboles qui sont de ces écritures qui composent les mystères où soufflent les grands mythes.

What a wonderful world est le titre choisi par l’artiste pour cette exposition ; il dit son optimisme, sa joie de vivre, une passion amoureuse, peut-être, comme le suggèrent encore le mot LOVE écrit sur les toiles ou les titres de ses œuvres, Lettre, Séduction ou Arbre fruitier !

Passion, émotion, cette peinture optimiste éclate hors du cadre et nous entraîne dans ces rythmes syncopées dont nous savons pourtant qu’ils passent si facilement de la joie aux larmes.

KON T ne peindra pas des musiciens toute sa vie, il explore déjà d’autre champs, d’autres chants ; des pans de la vraie vie qui nous entoure interrogent sa sensibilité frémissante, il a les yeux ouverts sur notre monde et son regard est lucide bien au-delà de ce feu d’artifice qu’il nous offre pour notre plus grand plaisir et pour le sien.

Sylvain Sankalé